Né à Paris en 1893, Jacques Boullaire grandit dans un milieu cultivé et artistique. Après des études secondaires à Senlis, il sert pendant la Première Guerre mondiale, où il reçoit la Croix de guerre et la Médaille militaire. De retour à la vie civile, il travaille pour son beau-frère Louis Renault, créant des affiches et illustrations publicitaires. C’est à cette époque qu’il découvre la gravure sur bois, technique dont il fera l’un des piliers de sa carrière artistique.
Dès la fin des années 1920, il illustre des ouvrages littéraires, notamment ceux d’Alfred de Musset et de Flaubert, puis s’impose comme graveur recherché. En 1936, il épouse la peintre Anne Hervé, avec qui il s’installe en Polynésie française l’année suivante. Le couple séjourne à Tahiti et dans les archipels voisins, où Boullaire croque la vie locale : scènes de marché, pêche, fêtes et portraits d’habitants. Son regard mêle précision ethnographique et sensibilité artistique.
Après la Seconde Guerre mondiale, il retourne plusieurs fois dans les îles, notamment entre 1949 et 1953, accumulant dessins et gravures qui nourriront son œuvre. Son travail est exposé à Paris dans les galeries Jean Loize et Sagot-Le Garrec, et il illustre de nombreux livres inspirés du Pacifique, tels que Typee d’Herman Melville, Les Immémoriaux de Victor Segalen ou Mon île Maupiti d’André Ropiteau.
Nommé Peintre officiel de la Marine, il est aussi membre de l’Académie royale de Belgique. Son style reste figuratif et rigoureux, fidèle à une vision réaliste de la Polynésie et de ses habitants, loin des tendances abstraites de son époque.
Affaibli par la maladie, Boullaire rentre définitivement en métropole en 1965. Il continue à peindre jusqu’à sa mort, survenue en 1976, laissant derrière lui une œuvre abondante et précieuse pour la mémoire visuelle de la Polynésie du XXᵉ siècle.
Né à Moissac en 1936, Jean-Charles Bouloc grandit dans une famille de militaires. Après des études artistiques à l’École des Arts Appliqués et aux Beaux-Arts à Paris, il s’engage dans les Tirailleurs Sénégalais.
Au Sénégal, il découvre l’Afrique et s’en inspire profondément. Ses dessins sont remarqués et il devient dessinateur au centre cinématographique de Dakar. Après son service, il reste en Afrique pour peindre, voyager et chasser, tout en réalisant de nombreux portraits à la gouache et à l’huile. Il expose à Dakar, Abidjan et Bamako avant de se lancer dans le commerce et d’ouvrir des comptoirs de produits importés.
De retour en France, il vit une période plus marginale après la guerre d’Algérie. Passionné de poker, il devient joueur professionnel, puis ouvre deux restaurants à Paris.
Au début des années 1980, Bouloc renoue avec sa passion du dessin. Il s’installe à Tahiti, où il retrouve son goût pour la lumière et les visages polynésiens. Il devient un portraitiste reconnu, représentant notamment des enfants et des femmes de la région, avec un réalisme doux et poétique.
Son style se distingue par la pureté des traits, la délicatesse des couleurs et une atmosphère rêveuse.
Michèle Dallet (née en 1945 à Porquerolles) est une peintre française installée en Polynésie, dont l’œuvre explore la frontière entre rêve et réalité. Formée à l’École du Musée Comondo à Paris, elle débute dans l’abstraction géométrique et l’art cinétique avant de s’ouvrir à une expression plus sensible, influencée par Monet, Magritte et Delvaux.
Après un long voyage en Méditerranée, elle s’installe à Tahiti en 1970, où sa peinture s’imprègne de lumière et de mystère. Ses premières expositions polynésiennes révèlent un univers poétique et énigmatique : vahine hiératiques, paysages immobiles, fruits tropicaux et ciels lourds.
Dans les années 1980, elle aborde le thème marin et pousse sa recherche jusqu’à frôler l’hyperréalisme, avant de réagir par une simplification des formes et une exaltation de la couleur, influencée par Matisse. Ses nus bleus, découpages et compositions éclatantes traduisent une quête d’équilibre entre rigueur et liberté.
Installée à Moorea, Michèle Dallet poursuit aujourd’hui une œuvre profondément personnelle, vibrante et méditative, fidèle à sa vision onirique du monde polynésien.
Né le 23 décembre 1921 dans une famille bourgeoise, Frank Fay montre très tôt un grand talent pour la peinture. Formé à l’École des Beaux-Arts et à l’École nationale de Céramique de Vierzon, il expose dès 1940, à seulement 19 ans, au Salon des Indépendants.
Durant la guerre, refusant tout embrigadement, il se cache dans le Sud-Ouest et adopte une attitude anarchiste et indépendante. Sa peinture s’imprègne alors d’un imaginaire onirique, proche du surréalisme. Après la guerre, il vit à Paris une vie de bohème et s’oriente progressivement vers l’abstraction.
En 1948, en quête de liberté, il quitte la France pour Tahiti, guidé par la philosophie de Bachelard : « L’art apparaît là où la sécurité existe. »
Il s’installe d’abord à Port Phaéton (Papeari), puis à Papeete, où il traverse une période d’intense créativité. Fay expérimente tous les supports : peinture à l’huile, collages, poteries, sculptures, fresques murales.
Artiste dynamique et engagé, il fonde en 1960 le Centre d’Art Abstrait de Tahiti, anime des émissions de radio, et multiplie expositions, happenings et salons à Papeete. Il expose aussi à Paris, Monte-Carlo, Seattle, et participe aux Biennales de São Paulo et aux Festivals des Arts du Pacifique.
Son œuvre, essentiellement abstraite, conserve parfois des motifs réels simplifiés. Ses couleurs sont vibrantes — verts, bruns, rouges, oranges, bleus du lagon — et ses compositions traduisent une énergie poétique. Il crée aussi des sculptures et poteries inspirées de l’art océanien, mêlant fer, bronze, bois et matières naturelles.
À partir de 1964, il expose dans les galeries de Papeete, notamment à la Galerie Winkler et à son propre espace, le Fare Manihini. En 1970, le Musée Gauguin lui consacre une rétrospective majeure.
Voyageur infatigable entre Tahiti, la Métropole et le Pacifique, Frank Fay reste une figure essentielle de l’art polynésien contemporain, même si, à la fin de sa vie, sa puissance créatrice s’essouffle.
Né le 7 avril 1925 à La Seyne-sur-Mer, près de Toulon, Jean Montpellier grandit dans une famille provençale avant d’intégrer l’École Navale en 1944. Officier de marine, il consacre ses temps libres à la peinture, passion qu’il cultive depuis l’enfance.
Pendant ses campagnes, il dessine, croque des paysages et réalise des toiles à l’huile. Après la guerre d’Indochine, sa rencontre avec le peintre Emmanuel-Charles Bénézit est déterminante : celui-ci lui enseigne les bases du dessin et l’importance de la forme et de la couleur. Montpellier s’exerce avec rigueur, dessinant des nus à la Grande Chaumière et copiant au Louvre, jusqu’à satisfaire son maître.
En 1966, il découvre Tahiti lors d’une mission sur le De Grasse. Ses séjours successifs à Madagascar, Paris, Brest, Toulon et à nouveau Tahiti nourrissent sa sensibilité artistique. En 1982, devenu amiral, il choisit de s’installer définitivement à Tahiti, séduit par la beauté du pays.
Sous le nom d’artiste Dubrusk (inspiré de son village natal, Le Brusc), il peint une œuvre figurative empreinte de réalisme et d’émotion. Ses toiles traduisent la lumière et la vie polynésiennes, oscillant entre rigueur classique et sensualité des formes et des couleurs, particulièrement dans ses aquarelles.
Dubrusk expose régulièrement à Paris, notamment au Salon des Indépendants, au Salon des Artistes Français et au Salon de la Marine, dont il est sociétaire. Héritier artistique de Bénézit après sa mort en 1975, il se donne pour mission de faire connaître l’œuvre de son maître.
Né à Saumur en 1903, Albert Gauthier de Chateaufort étudie aux Beaux-Arts de Paris, aux Arts Décoratifs et à l’Académie Julian. Maîtrisant très tôt le dessin et la composition, il expose dès 27 ans à la Galerie Bernheim et devient sociétaire de la Nationale des Beaux-Arts.
Grand voyageur, il découvre l’Afrique, les Baléares, la Norvège, puis la Polynésie en 1964, où il reviendra régulièrement. Son œuvre mêle rigueur classique et sensibilité colorée. Portraitiste reconnu, il réalise les effigies de Valéry Giscard d’Estaing, Maurice Genevoix, Joe Dassin ou Sylvie Vartan.
Installé sur la presqu’île de Tahiti, il poursuit, même à plus de 90 ans, une peinture empreinte de sérénité et de lumière, reflet d’une vie d’artiste cosmopolite et passionné.
Né à Alkmaar aux Pays-Bas, formé aux Beaux-Arts d’Amsterdam et lauréat du prix de Rome en 1901, Gouwe s’impose d’abord comme peintre naturaliste en Europe avant de tout quitter pour Tahiti, où il débarque en 1927.
Installé successivement à Tahaa, Bora Bora, Raiatea puis Papeete, il mène une vie simple et contemplative, peignant chaque jour les visages et paysages polynésiens. Son style évolue du réalisme lumineux à un expressionnisme intense, marqué par l’influence de Van Gogh, Soutine et Munch.
Philosophe et humaniste, lecteur de Schopenhauer et de la pensée orientale, Gouwe cherche dans la peinture une forme d’ascèse spirituelle. Jusqu’à la fin de sa vie, il poursuit ses recherches vers l’abstraction, adoucissant ses harmonies de couleurs.
Mort à Tahiti en 1965, il laisse une œuvre profonde et vibrante, célébrée par une rétrospective au Musée Gauguin en 1984, et demeure l’une des figures fondatrices de la peinture moderne polynésienne.
Peintre, décorateur et professeur de dessin, René Grandidier fait partie des artistes majeurs ayant marqué la vie culturelle de Papeete au milieu du XXᵉ siècle. Né à Amiens, formé à l’École des Beaux-Arts, il commence comme peintre-verrier avant de se tourner vers la gravure, la publicité et l’enseignement.
Après la guerre, il enseigne à l’École des Beaux-Arts de Toulouse, puis s’installe à Tahiti en 1952, où il devient professeur de dessin à l’École Centrale (futur lycée Gauguin).
Expressionniste par son style, il peint avec un dessin dense et des touches de couleur vives, à la gouache ou à l’huile, inspiré par les thèmes polynésiens.
Très actif, il participe à de nombreuses expositions, notamment au Premier Salon de Tahiti en 1955, et contribue à la vie artistique locale aux côtés de peintres comme Heyman, Masson ou Gouwe.
De retour en France, il expose à Perpignan, Toulouse et Paris avant de mourir à Tunis en 1972.
Peter Heyman (1908-1982), peintre suédois né à Paris, fut une figure marquante de la vie artistique polynésienne durant près d’un demi-siècle. Formé auprès de maîtres tels qu’André Lhote, Ozenfant et Fernand Léger, il s’installe à Tahiti en 1934, où il trouve sa véritable inspiration.
Après une période d’éloignement de la peinture, c’est durant son exil à Bora Bora pendant la guerre qu’il retrouve pleinement son art et développe un style personnel, libéré du cubisme, empreint d’authenticité et de gravité. Ses gouaches, sobres et structurées, traduisent une profonde sensibilité à la lumière et à la culture polynésienne.
Artiste exigeant, peu productif mais sincère, Heyman incarne un pont entre la modernité européenne et l’âme océanienne.
Il meurt à San Diego en 1982, peu après qu’une rétrospective au Musée Gauguin ait salué l’importance de son œuvre.
Artiste voyageur et aquarelliste talentueux, Guy Huzé naît le 18 septembre 1912 à Aubigny, dans le Cher. Formé à l’École des Beaux-Arts, à l’Académie Julian et à l’École des Arts Appliqués de Paris, il débute dans la mode et le dessin humoristique avant de se tourner vers la peinture.
En quête d’aventure, il s’installe à Tahiti en 1938, où il se passionne pour les paysages et la vie locale, qu’il restitue avec vivacité et humour dans ses aquarelles et gouaches.
Grand voyageur, il expose ensuite en Nouvelle-Zélande, Australie, Inde, Afrique et aux Antilles, développant une technique rapide et expressive pour saisir la lumière et le mouvement.
De retour à Tahiti en 1963, il connaît un vif succès avec ses scènes polynésiennes, lumineuses et pleines d’énergie.
Ses œuvres, marquées par un graphisme alerte et des couleurs éclatantes, traduisent la liberté d’un artiste cosmopolite, curieux du monde et profondément attaché à la beauté des tropiques.
Né en Pologne en 1923, Zygmunt Kowalski étudie à l’École des Beaux-Arts de Mannheim, en Allemagne. En 1949, il s’installe en Argentine, où il participe activement à la vie artistique de la région de Misiones. Artiste engagé, il contribue à la fondation de plusieurs associations d’artistes locales.
Dans les années 1990, Kowalski découvre la Polynésie française et se passionne pour la beauté et la lumière de ses archipels. Il réalise deux expositions à Tahiti à la Galerie Van Nuffelen, puis retourne en Argentine tout en continuant à voyager régulièrement dans nos îles. Inspiré par ses séjours polynésiens, il expose ensuite ses toiles consacrées à la Polynésie en Amérique du Sud.
En 2000, une exposition lui est également consacrée en Allemagne, centrée sur Tahiti et la vie polynésienne. Son œuvre, profondément figurative, témoigne d’un regard sincère et sensible sur la vie quotidienne dans les îles. Nombre de Polynésiens ayant eu la chance de le rencontrer conservent encore aujourd’hui certaines de ses toiles.
En 2014, la Galerie Au Chevalet a organisé l’exposition Hommage à Kowalski, afin de permettre à ses collectionneurs et admirateurs de redécouvrir le parcours de cet artiste attachant et de célébrer l’empreinte qu’il a laissée en Polynésie.
Né à Madagascar, Pierre Lacouture est un peintre autodidacte formé à la décoration.
Dès son plus jeune âge, il se consacre à la peinture et réalise sa première exposition en 1956, à vingt-deux ans. Il découvre la Polynésie en 1964 et s’émerveille de ses paysages, avant d’y revenir durablement entre 1983 et 1990 pour vivre à Tahiti et Moorea.
Artiste voyageur, il expose à travers le monde — en Afrique, aux Fidji, à Honolulu, en Australie, aux Antilles, à La Réunion, à Maurice, en Autriche et en France.
Son style, classique mais expressif, se distingue par une prédilection pour les paysages polynésiens et les scènes de vie quotidienne. Travaillant à l’huile sur toile, souvent au couteau, il crée des œuvres à la fois puissantes et lumineuses. Aujourd’hui, Pierre Lacouture poursuit sa peinture dans la région de Toulon.
Né à Boulogne-sur-Mer (France) le 22 mars 1914, Jean Masson entame ses études artistiques à l’École des Beaux-Arts de Paris, puis dans l’atelier de Lucien Simon de 1932 à 1938. Très tôt, il fait preuve d’une sensibilité marquée pour la lumière et les horizons marins.
Une bourse de voyage lui permet en 1938 de se rendre à Tahiti avec son épouse d’origine américaine. C’est le début d’un amour durable pour l’archipel : il s’imprègne de la lumière polynésienne, des paysages, de la vie insulaire.
Il expose aux États-Unis dans les années 1940 (San Francisco, Los Angeles) puis revient s’installer définitivement à Tahiti en 1948.
Sur place, il peint essentiellement des paysages des archipels — en particulier des atolls des Tuamotu — et s’intéresse également aux deux autres dimensions de son art : le portrait et la création textile (il est parmi les premiers artistes de Tahiti à graver des motifs polynésiens sur bois ou linoléum pour la fabrication de tissus).
Son style, figuratif, privilégie les aplats de couleur, la facture claire et la lumière chaude des îles : il traduit visuellement la vie insulaire, la nature et l’atmosphère polynésienne avec authenticité.
Jean Masson s’éteint à Bora Bora en 1973.
BOULLAIRE Jacques (1893-1976)
BOULOC Jean-Charles (1936-2014)
DALLET Michèle (active fin XXe-début XXIe siècle)
DUBRUSK Jean (1925-2013)
FAY Franck (1921-2011)
GAUTHIER DE CHATEAUFORT Albert (1903-1998)
GOUWE Adriaan Herman (1875-1965)
GRANDIDIER René (1904-1972)
HEYMAN Peter (1908-1982)
HUZE Guy (1912-1990)
KOWALSKI Zygmunt (1923-2011)
LACOUTURE Pierre
MASSON Jean (1914-1973)
MONNIER Michel?(1930-2006)
ROBERT TATIN d’Avesnière (1925-1982)
RUI Juventin (1916-1997)
THOMAS Jean (1923-2019)
USCHI Vicenti (1947-2020)
VAEA Sylvain (1950-2024)
Vous pouvez, vous aussi, déposer des oeuvres pour la vente à la galerie.
Nous réalisons également des estimations d'oeuvres d'art (service payant).
Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter ou à vous venir nous voir !
